Les dangers saisonniers pour les chiens : printemps et été

Avec l’arrivée des beaux jours, les sorties en nature deviennent plus fréquentes, les activités en extérieur se multiplient et les chiens profitent davantage du jardin, des balades et des points d’eau.En dehors des risques liés à la chaleur, d’autres dangers saisonniers existent et passent souvent plus inaperçus.

En médiation animale, la sécurité et le bien-être du chien sont essentiels pour garantir des interactions sereines et positives. Voici les principaux risques à connaître et à prévenir.

Les épillets : petits mais redoutables

 

Les épillets sont de petites structures végétales issues des graminées sauvages (herbes folles, brome stérile, blé, avoine, etc.). Ils ont une forme effilée et rigide, parfois avec de petits “crochets” naturels. Cette structure leur confère une particularité dangereuse : ils s’accrochent facilement au pelage et progressent ensuite dans une seule direction, facilité par les mouvements de l’animal. Concrètement, une fois fixés, ils ne “reculent” pas : ils s’enfoncent progressivement dans les tissus ou les orifices naturels

 

Ils sont principalement présents de la fin du printemps jusqu’à la fin de l’été, lorsque les graminées arrivent à maturité et se dessèchent. 

Brome stérile

Orge des rats

Le danger des épillets

 

Le danger principal des épillets réside dans leur capacité à migrer sous les tissus cutanés ou à l’intérieur des cavités naturellesUne fois introduits, ils peuvent provoquer des complications parfois sérieuses :

 

  • Abcès cutanés douloureux liés à la migration sous la peau
  • Otites externes ou profondes, avec risque d’atteinte du tympan,
  • Lésions oculaires (irritation, ulcère de la cornée, infection)
  • Atteintes nasales avec éternuements, écoulements voire saignements.
  • Plus rarement, des complications respiratoires si l’épillet progresse dans les voies aériennes

 

Le principal est la difficulté d’extraction, l’épillet ayant tendance à continuer sa progression tant qu’il n’est pas retiré. 

 

Une consultation vétérinaire est généralement nécessaire dès qu’un épillet est suspecté. 

 

Prévention et protection du chien

 

La prévention reste le moyen le plus efficace pour limiter les risques liés aux épillets.

 

Mesures recommandées :

 

  • éviter les zones d’herbes hautes en période estivale
  • inspecter systématiquement le chien après chaque sortie
  • brosser régulièrement le pelage, notamment chez les chiens à poils longs
  • vérifier et dégager les espaces entre les coussinets si nécessaire
  • adapter les parcours de promenade en fonction de la végétation

 

 

Les chenilles processionnaires : une urgence vétérinaire 

 

Les chenilles processionnaires sont les larves d’un papillon nocturne. On les retrouve principalement au printemps, lorsqu’elles descendent des arbres pour s’enfouir dans le sol afin de poursuivre leur cycle de développement. Elles sont particulièrement présentes dans les forêts et zones boisées, notamment autour des pins, des cèdres, mais aussi parfois des sapins et autres conifères selon les régions. 

 

Elles vivent d’abord dans des nids blancs visibles accrochés aux arbres. Puis, lorsqu’elles descendent, elles se déplacent au sol en formant une file continue, d’où leur nom de “processionnaires”. 

Chenilles processionnaires

Nid de chenilles processionnaires

Le danger des chenilles processionnaires

 

Le danger vient de leurs micropoils extrêmement fins et urticants, qui peuvent se détacher dans l’air ou au contact. Ces poils contiennent une toxine très irritante pouvant toucher la peau, les muqueuses (bouche, yeux, nez) et les voies respiratoires. Chez le chien, le risque est particulièrement élevé car il peut les renifler, les lécher ou les mordre. Un simple contact peut entrainer des réactions rapides et graves : 

 

  • brûlures importantes de la langue et de la gueule
  • gonflement rapide de la langue pouvant gêner la respiration 
  • lésions graves pouvant aller jusqu’à la nécrose (destruction des tissus)
  • réaction allergique sévère (choc anaphylactique)
  • difficultés respiratoires pouvant mettre la vie en danger.

 

Que faire en cas de contact ?

 

  • ne pas frotter la zone touchée (cela aggrave la diffusion des poils).
  • Rincer doucement à l’eau si possible, en orientant la tête du chien vers le bas.
  • empêcher le chien de se lécher
  • contacter immédiatement un vétérinaire

 

Il s’agit d’une urgence vétérinaire absolue, car les symptômes peuvent évoluer très vite.

 

Prévention et protection du chien

 

La prévention est essentielle pour limiter les risques :

 

  • éviter les zones boisées de pins et cèdres au printemps
  • ne pas laisser le chien fouiller le sol en forêt.
  • garder le chien en laisse dans les zones à risque
  • être attentif aux nids visibles dans les arbres
  • suivre les signalements locaux (panneaux de danger)

 

 

Les crapauds : un danger souvent méconnu

 

Au printemps et en été, les crapauds sont davantage présents, notamment en soirée et pendant la nuit. On les retrouve dans les zones humides : jardins, mares et étangs, sous-bois et aux abords des points d’eau. Tous les crapauds ne présentent pas le même niveau de danger, mais l’espèce la plus fréquemment impliquée en France est le crapaud commun

 

Derrière la tête et sur le dos, il possède des glandes capables de sécréter un venin toxique lorsqu’il se sent menacé ou subit une pression (morsure, coup de patte, léchage…).

 

Lorsqu’un chien mordille, lèche ou attrape un crapaud dans sa gueule, ce venin est libéré immédiatement. Chez les chiens de petite taille, une intoxication importante peut parfois être mortelle sans prise en charge rapide. 

Crapaud commun de profil

Crapaud commun de face

Le danger du venin de crapaud


Le venin du crapaud est très irritant pour les muqueuses et peut également avoir des effets sur le système nerveux et le cœur. Les premiers signes apparaissent généralement dans les minutes suivant le contact. Le symptôme le plus fréquent est une salivation importante, souvent épaisse et mousseuse, liée à l’irritation intense de la bouche et de la langue.

 

Les symptômes à surveiller

 

Après un contact avec un crapaud, plusieurs symptômes peuvent apparaitre rapidement :

 

  • salivation abondante ou mousse autour de la gueule
  • agitation inhabituelle
  • vomissements
  • tremblements

 

Dans les cas les plus graves, des troubles neurologiques, des difficultés respiratoires et des troubles cardiaques peuvent apparaître. Les symptômes peuvent évoluer rapidement : une surveillance attentive et une prise en charge précoce sont essentielles. 

 

Que faire en cas de contact ? 

 

Au moindre doute, il est important d’agir rapidement, même si le chien ne présente pas encore de symptômes visibles :

 

  • Retirer immédiatement le crapaud 
  • Rincer abondamment la gueule du chien à l’eau claire, en gardant la tête orientée vers le bas afin qu’il n’avale pas davantage de venin.
  • Empêcher le chien de se lécher 
  • Contacter immédiatement un vétérinaire, même en l’absence de symptômes importants au départ.  

 

Certains signes graves peuvent apparaître plusieurs minutes après le contact. Il n’existe pas d’antidote spécifique au venin du crapaud, mais une prise en charge vétérinaire rapide permet de limiter les complications. 

 

 

Les cyanobactéries : danger invisible dans l’eau 

 

Pendant les fortes chaleurs, les promenades et baignades avec les chiens se font plus fréquentes en bord de rivière, lacs ou étangs. C’est aussi à cette période qu’un risque invisible peut apparaître : la présence de cyanobactéries dans l’eau. 

Exemple de signes de cyanobactéries

Que sont les cyanobactéries ?

 

Les cyanobactéries sont des micro-organismes naturellement présents dans les milieux aquatiques (eaux douces et parfois saumâtres). On les appelle souvent “algues bleues”.

 

Dans certaines conditions, elles peuvent se multiplier très fortement et former des “blooms”, c’est-à-dire des proliférations visibles à la surface de l’eau. Ces épisodes peuvent rendre l’eau dangereuse pour les animaux comme pour les humains. Le chien peut être exposé en buvant l’eau, en se baignant ou en se léchant après la baignade. 

 

Les conditions qui favorisent leur développement sont les suivantes : fortes températures, eaux stagnantes ou à faible courant (lacs, étangs, mares), exposition importante au soleil, excès en nutriments dans l’eau. Lorsque ces conditions sont réunies, une eau apparemment normale peut devenir contaminée en très peu de temps.

 

Les risques pour les chiens et la conduite à tenir

 

L’ingestion de cyanotoxines présentes dans certaines eaux contaminées peut provoquer une intoxication aiguë chez le chien, parfois très rapide et sévère.

 

Les symptômes peuvent toucher plusieurs fonctions de l’organisme :

  • troubles digestifs (vomissements, diarrhées)
  • troubles neurologiques (tremblements, convulsions)
  • atteintes hépatiques sévères
  • altération de l’état général pouvant évoluer vers un état critique.

 

Dans certains cas, l’évolution peut être très rapide et engager le pronostic vital en quelques heures. Il s’agit donc d’une urgence vétérinaire.

 

Après une baignade ou un contact avec une eau suspecte, il est essentiel de surveiller attentivement le chien dans les heures qui suivent, notamment en cas de fatigue inhabituelle ou d’abattement, de troubles digestifs, d’agitation ou de tremblements et de changement soudain de comportement.

 

En cas de doute :

 

  • sortir immédiatement le chien de l’eau
  • éviter qu’il se lèche ou ingère de l’eau restée sur son pelage
  • rincer abondamment à l’eau claire si possible.
  • contacter un vétérinaire sans attendre, même en l’absence de symptômes

 

Les signes d’intoxication peuvent apparaître avec un délai variable. Une prise en charge rapide est essentielle.

 

Prévention et recommandations

 

Les cyanobactéries ne sont pas toujours faciles à identifier, ce qui les rend particulièrement traîtresses et dangereuses. Dans certains cas, une eau contaminée peut présenter des signes visibles

 

  • Une coloration verte, bleutée ou brunâtre
  • un aspect trouble ou opaque
  • des dépôts visqueux sur les berges, les rochers ou à la surface
  • une mousse ou un film inhabituel en surface

 

Cependant, leur présence n’est pas systématiquement détectable à l’œil nu : une eau peut paraitre parfaitement normale tout en étant contaminée. C’est pourquoi il est essentiel de ne jamais se fier uniquement à son apparence, en particulier lors des périodes de fortes chaleurs ou dans les eaux stagnantes.

 

Les bons réflexes à adopter : 

 

  • éviter les baignades dans les eaux stagnantes ou douteuses
  • inspecter visuellement l’eau avant toute baignade (surface, berges, rochers)
  • respecter les panneaux d’interdiction ou de mise en garde
  • privilégier les zones de baignade autorisées et surveillées
  • rincer le chien après toute baignade en milieu naturel.

 

En cas de doute, il est préférable de renoncer à la baignade : le risque lié aux cyanobactéries peut être invisible. Pour suivre certaines alertes locales, des plateformes et associations spécialisées recensent les signalements, comme : https://www.cyanobacteries.com/

 

 

 

 


Le printemps et l’été sont des saisons riches en découvertes et en activités pour les chiens, mais elles nécessitent une vigilance accrue.

En médiation animale, anticiper ces risques permet de garantir des interactions sécurisées, de préserver le bien-être des chiens et de maintenir une relation humain-animal de qualité.

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