L’effet de la médiation animale, permettant d’accéder à un certain niveau de détente tonico-émotionnelle, avant et après est plus marqué de +9,5 chez les personnes polyhandicapées. Chez les personnes valides (ayant une meilleure fonctionnalité et adaptabilité dans leur régulation tonico-émotionnelle), la différence avant et après séance est de +2,67.
Donc, en moyenne les sujets du groupe polyhandicap montrent une meilleure réponse de détente à la suite de la séance de médiation animale que les sujets du groupe valide.
Pour conclure
Les résultats obtenus dans cette étude montrent que la médiation canine a un réel impact positif surla régulation tonico-émotionnelle. En effet, après la séance les participants présentent globalement un tonus de fond plus détendu, ce qui va dans le sens de la première hypothèse formulée.
On observe cependant que cet effet est plus marqué chez les sujets polyhandicapés que chez les sujets valides. Cela peut s’expliquer par un tonus de départ plus spastique chez le groupe polyhandicap, laissant davantage de place à une évolution après la médiation.
À l’inverse, les sujets valides disposent déjà d’une régulation tonique plus efficiente, ce qui limite les variations observées. Ces éléments permettent ainsi de valider l’hypothèse d’interaction. Ces résultats apportent une réponse à la problématique en soulignant l’intérêt de la médiation canine en psychomotricité, en particulier auprès de personnes présentant des troubles moteurs avec spasticité associée.
La relation à l’animal semble favoriser un relâchement corporel et un apaisement émotionnel, tout en soutenant la dimension relationnelle. Il serait toutefois pertinent de prolonger les observations et mesures du tonus de fond auprès de ces patients, à plus long terme. En effet cela pourrait ainsi permettre d’apprécier d’autres aspects psychomoteurs comme la motricité fine, la communication, la relation à l’autre etc.
Bibliographie
Giselle Soubiran, A. (2018). 3. Développement de l’examen psychomoteur. Manuel d’enseignement en psychomotricité : tome 5, Examen psychomoteur et tests, 42.
Un parcours riche de passion
Je m’appelle Constance MOYON et mon parcours académique et professionnel traverse la psychologie, le handicap et l’éducatif, pour aujourd’hui s’ancrer en psychomotricité : là où le corps devient un véritable médiateur de soin et de relation.
Aujourd’hui, je suis étudiante en deuxième année à l’Institut Supérieur de Rééducation Psychomotrice de Paris.
Après avoir découvert la médiation animale au travers de l’équithérapie dans l’accompagnement de jeunes en situation de handicap, je me suis profondément convaincue des bénéfices de la zoothérapie.
La médiation animale constitue un outil particulièrement convaincant dans l’accompagnement des patients, car elle agit comme un puissant facilitateur relationnel et émotionnel. La présence de l’animal, stable et non jugeante, favorise l’apaisement, diminue l’anxiété et soutient la régulation tonicoémotionnelle à travers le contact sensoriel et le rythme partagé. Elle permet également de contourner certaines résistances verbales, en offrant un tiers médiateur qui rend la relation plus accessible et moins frontale.
En mobilisant simultanément le corps, l’affect et l’engagement relationnel, la médiation animale enrichit la dynamique thérapeutique et renforce l’adhésion au soin, notamment chez des patients en retrait, méfiants ou en difficulté de régulation émotionnelle.